Depuis 2024, la rémunération des AESH pour 24 heures hebdomadaires dépend d’une grille indiciaire spécifique, mais plusieurs primes et indemnités cumulables restent souvent méconnues ou peu appliquées selon les académies.
Certaines majorations, comme l’indemnité de fonctions, sont systématiquement versées, tandis que d’autres, telles que le supplément familial de traitement ou les indemnités de déplacement, obéissent à des critères stricts ou à des interprétations locales. Les évolutions prévues pour 2026 modifient à la fois les montants de base et les conditions d’attribution de certaines primes.
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AESH en 2026 : ce qui change pour le salaire, les droits et les missions
2026 ne sera pas une année comme les autres pour la fonction d’AESH. L’Éducation nationale rebat les cartes : désormais, 24 heures d’accompagnement d’élèves en situation de handicap deviennent la référence pour un temps plein. Jusqu’alors, cette quotité équivalait à 62 % d’un plein temps. Ce changement, arraché après plusieurs années de mobilisations menées notamment par la FSU, SUD Éducation et la CGT Éduc’action, réorganise la grille de rémunération et élargit l’accès à certaines indemnités.
La revalorisation du salaire brut s’accompagne d’un accès plus large aux droits annexes. Les AESH, qu’ils soient en CDD ou CDI, à temps partiel ou complet, bénéficient désormais d’un accès renforcé aux indemnités REP/REP+ dans les zones d’éducation prioritaire. Cette ouverture s’applique avec rétroactivité, une avancée imposée par la décision du Conseil d’État du 16 juillet 2025 (renseignements et formulaires disponibles via la DSDEN ou le rectorat).
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L’indemnité de fonctions, qui stagnait ou variait selon les académies, atteint enfin la généralisation : 79 € tous les mois pour 24 h/semaine. Quant à ceux qui endossent le rôle d’AESH référent, la reconnaissance attendue se traduit par 660 € bruts annuels supplémentaires, inscrits noir sur blanc sur la fiche de paie. Ce bonus, réclamé de longue date, devient la norme, légitimant un engagement souvent invisible.
D’autres leviers viennent améliorer le quotidien. Le supplément familial de traitement s’applique dès qu’un enfant de moins de 20 ans est à charge. En parallèle, l’indemnité de résidence évolue : jusqu’à 3 % du traitement brut selon la commune d’exercice, ce qui crée des écarts parfois significatifs entre les départements. L’abonnement de transport collectif est pris en charge à hauteur de 75 %, ou bien un forfait mobilités durables de 200 € par an peut être demandé si l’on privilégie le vélo ou le covoiturage.
Mais la précarité salariale ne disparaît pas d’un trait d’ordonnance. Les syndicats restent vigilants : progression de carrière, accès aux indemnités, simplification des démarches pour rattraper les retards de paiements… Rien n’est acquis sans une attention constante. Les AESH, encore en majorité des femmes, continuent d’assurer jour après jour un accompagnement sur-mesure, adaptant sans cesse leurs interventions à la réalité du terrain et aux besoins des élèves en situation de handicap.

À quoi s’attendre pour une rémunération sur 24h ? Grilles, indemnités et astuces pour maximiser vos revenus
La rémunération d’un AESH basé sur 24 heures d’accompagnement suit désormais une grille indiciaire alignée sur le temps plein : 1 826 € bruts mensuels pour les débutants à l’échelon 1, jusqu’à 2 240 € bruts à l’échelon 11. Pour une quotité de 62 %, cela signifie un salaire de départ à 1 132 € bruts, avec une progression jusqu’à 1 388 € bruts après 13 à 15 ans d’expérience. Le calcul s’appuie sur l’indice majoré et la valeur du point d’indice (4,92278 €).
À cette base, plusieurs indemnités complémentaires peuvent s’ajouter et font la différence sur la fiche de paie :
- Indemnité de fonctions : 79 € nets par mois (pour 24h hebdomadaires)
- Indemnité REP/REP+ pour l’éducation prioritaire : 92,17 € ou 271,92 € bruts par mois selon la zone, avec parfois une part variable annuelle en REP+
- Indemnité AESH référent : 660 € bruts par an
- Supplément familial de traitement (SFT) : montant évoluant selon le nombre d’enfants à charge
- Indemnité de résidence : jusqu’à 3 % du traitement brut, selon la localisation
- Prise en charge de 75 % de l’abonnement transport collectif ou forfait mobilités durables (200 € annuels)
Il faut aussi prendre en compte la rétroactivité REP/REP+ : si vous n’avez rien perçu depuis 2021, la demande de régularisation s’effectue auprès de la DSDEN ou du rectorat. Privilégiez les zones REP+ pour optimiser les primes. Le SFT est trop souvent mis de côté lors du montage des dossiers : chaque enfant à charge peut ouvrir droit à un complément non négligeable. À chaque changement dans votre situation familiale ou professionnelle, pensez à signaler l’information à l’administration : chaque détail pèse, surtout dans un contexte où la stabilité financière reste fragile.
Dans les couloirs des écoles et sur le terrain, chaque AESH sait ce que valent ces euros en plus. C’est parfois la différence entre la résignation et le souffle d’un nouveau projet. Le vrai combat, lui, ne s’arrête pas à la grille : il se joue chaque jour, dans l’ombre, pour que l’accompagnement des élèves en situation de handicap rime enfin avec reconnaissance et dignité.

