Le Livret A Sup du CIC combine un Livret A réglementé et un livret fiscalisé au sein d’un même produit, avec un plafond global de 100 000 euros. La partie réglementée suit le taux du Livret A (plafonné à 22 950 euros de dépôts), tandis que la tranche au-delà, dite « Sup », affiche un taux brut de 0,50 % en 2026. Comprendre cette mécanique est le point de départ pour bâtir une stratégie d’épargne cohérente chez CIC.
Fiscalité 2026 sur les livrets CIC : ce que change le nouveau PFU à 31,4 %
Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique appliqué aux intérêts des livrets bancaires classiques est passé de 30 % à 31,4 %. Cette hausse, issue d’une modification de l’article L136-8 du Code de la Sécurité sociale via la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, touche directement la partie fiscalisée du Livret A Sup.
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Sur un taux brut de 0,50 %, le rendement net après PFU tombe à environ 0,34 %. Pour un épargnant qui place 77 000 euros sur la tranche Sup (le plafond de 100 000 euros moins les 22 950 euros du Livret A), cela représente un gain annuel net dérisoire.
Les livrets réglementés du CIC restent exonérés de PFU : Livret A, LDDS, LEP et Livret Enfant ne sont pas concernés par cette hausse. La distinction réglementé/fiscalisé n’a jamais été aussi déterminante pour le rendement réel de l’épargne.
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Livret A Sup CIC : anatomie d’un produit à deux étages
Le Livret A Sup fonctionne comme une offre couplée. Les 22 950 premiers euros versés alimentent le Livret A classique, rémunéré au taux réglementé (2,4 % net au premier semestre 2025, susceptible de varier). Tout versement supplémentaire bascule automatiquement sur la tranche fiscalisée, plafonnée à 100 000 euros au total.
Cette architecture crée une illusion de capacité d’épargne élevée. Le plafond de 100 000 euros semble attractif, mais la tranche Sup à 0,50 % brut, amputée du PFU à 31,4 %, offre un rendement inférieur à l’inflation sur la durée.
Quand la tranche Sup devient un frein
Laisser dormir des dizaines de milliers d’euros sur la tranche Sup revient à accepter une perte de pouvoir d’achat. Au-delà de 22 950 euros, chaque euro supplémentaire travaille très peu. Un épargnant qui dispose de liquidités importantes a tout intérêt à explorer les autres livrets du CIC ou à arbitrer vers des supports différents.
Livrets réglementés CIC : le socle à saturer en priorité
Avant toute réflexion sur la tranche Sup, la logique veut que les livrets exonérés soient remplis au maximum. Chez CIC, trois produits réglementés méritent d’être considérés dans cet ordre.
- Le LEP (Livret d’Épargne Populaire), réservé aux foyers sous un certain plafond de revenu fiscal, affiche un taux de 2,50 % net avec un plafond de 10 000 euros. C’est le livret le mieux rémunéré du marché réglementé en 2026.
- Le Livret A, plafonné à 22 950 euros, dont le taux net reste supérieur à celui de tout livret fiscalisé CIC après prélèvements.
- Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire), qui partage le même taux que le Livret A avec un plafond de 12 000 euros, et permet de flécher l’épargne vers l’économie sociale et solidaire.
En cumulant LEP, Livret A et LDDS, un épargnant éligible au LEP peut placer près de 45 000 euros à un taux net bien supérieur à la tranche Sup, sans aucune fiscalité sur les intérêts.
Livret Enfant CIC à 5,10 % brut : une niche de rendement sous conditions
Le Livret Enfant du CIC affiche un taux de 5,10 % brut, ce qui en fait le produit le plus rémunérateur de la gamme. Ce taux est soumis à fiscalité (PFU à 31,4 %), mais même après prélèvements, le rendement net dépasse largement celui de la tranche Sup ou du Livret Plus.
Ce livret est réservé aux mineurs. Pour un foyer avec enfants, ouvrir un Livret Enfant CIC avant de remplir la tranche Sup est un arbitrage rentable. Le CIC propose jusqu’à 60 euros offerts à l’ouverture, ce qui améliore le rendement de la première année.
Livrets solidaires : LEA et Livret Constructif
Le Livret d’Épargne pour les Autres (LEA) propose un taux de 2,20 % brut jusqu’à 20 000 euros, avec la possibilité de reverser 50 %, 75 % ou 100 % des intérêts nets à des associations partenaires. Le Livret Constructif, de son côté, oriente l’épargne vers le développement local.
Ces deux livrets sont fiscalisés, mais leur taux brut dépasse celui de la tranche Sup. Pour un épargnant qui a déjà saturé ses livrets réglementés, le LEA à 2,20 % brut constitue une alternative plus performante que la tranche Sup à 0,50 %.

Stratégie d’épargne CIC en 2026 : ordre de remplissage optimal
La logique d’allocation repose sur un principe simple : maximiser le rendement net en saturant d’abord les enveloppes les mieux rémunérées et les moins fiscalisées.
- Saturer le LEP si éligible (2,50 % net, plafond 10 000 euros).
- Remplir le Livret A jusqu’à 22 950 euros (taux réglementé, exonéré).
- Compléter le LDDS jusqu’à 12 000 euros (même taux, exonéré).
- Ouvrir un Livret Enfant CIC pour chaque enfant du foyer (5,10 % brut).
- Placer l’excédent sur le LEA (2,20 % brut jusqu’à 20 000 euros) plutôt que sur la tranche Sup.
- N’utiliser la tranche Sup du Livret A Sup qu’en dernier recours, pour du cash en attente d’affectation.
La tranche Sup du Livret A Sup CIC ne se justifie que comme parking temporaire de trésorerie. Avec un rendement net autour de 0,34 % après le PFU 2026, elle ne protège pas le capital contre l’érosion monétaire. Un épargnant qui dispose encore de capacité sur les livrets réglementés ou sur le LEA n’a aucune raison d’y laisser des sommes significatives sur la durée.

