Vous travaillez 25 heures par semaine au SMIC et vous aimeriez gagner davantage chaque mois. La piste la plus directe consiste à passer à 30 heures hebdomadaires. Encore faut-il comprendre ce que ce changement représente en salaire net, comment le négocier avec votre employeur et quels mécanismes juridiques encadrent cette augmentation du temps de travail.
Salaire net à 25h puis à 30h au SMIC : combien gagne-t-on vraiment ?
Le calcul part toujours du taux horaire. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut est fixé à 12,31 euros brut, soit environ 9,74 euros net. Ce taux reste identique que vous soyez à temps plein ou à temps partiel.
Pour obtenir votre salaire mensuel, on multiplie le taux horaire par le nombre d’heures mensualisées. À 25 heures par semaine, la mensualisation donne environ 108,33 heures par mois (25 x 52 / 12). À 30 heures, on passe à 130 heures mensuelles (30 x 52 / 12).
En net, la différence entre 25h et 30h représente donc environ cinq heures de travail supplémentaires par semaine, soit un gain mensuel net proche de la valeur de 21,67 heures au taux horaire net du SMIC. Passer de 25h à 30h augmente votre salaire net d’environ 20 %.

Tableau comparatif mensuel brut et net
| Durée hebdomadaire | Heures mensualisées | Salaire brut mensuel | Salaire net mensuel (estimation) |
|---|---|---|---|
| 25h | 108,33h | ~1 333 euros | ~1 055 euros |
| 30h | 130h | ~1 600 euros | ~1 266 euros |
L’écart brut tourne autour de 267 euros par mois. En net, comptez environ 211 euros de plus. Ce n’est pas négligeable quand on boucle un budget serré.
Avenant au contrat de travail : la démarche pour passer de 25h à 30h
Augmenter votre volume horaire de façon permanente ne se fait pas d’un simple accord verbal. Votre employeur n’est pas tenu d’accepter automatiquement votre demande. Le passage de 25h à 30h nécessite un avenant écrit au contrat de travail, signé par les deux parties.
Concrètement, vous adressez une demande écrite à votre employeur, de préférence par courrier recommandé ou remise en main propre contre décharge. Précisez la durée souhaitée et la date d’effet envisagée.
L’employeur dispose alors d’un délai pour répondre. S’il accepte, un avenant formalise la nouvelle durée hebdomadaire, la répartition des horaires et la rémunération correspondante. S’il refuse, il doit motiver sa décision, par exemple par l’absence de poste disponible sur ce volume horaire.
Priorité d’accès aux heures disponibles
Le Code du travail prévoit que les salariés à temps partiel bénéficient d’une priorité pour occuper un emploi à temps plein ou un emploi d’une durée supérieure dans la même entreprise. Si un poste correspondant à 30 heures se libère dans votre catégorie professionnelle, votre employeur doit vous en informer avant de recruter en externe.
Heures complémentaires ou complément d’heures : deux mécanismes différents
Avant d’obtenir un avenant permanent, vous pouvez déjà augmenter ponctuellement vos revenus. Deux dispositifs existent, et ils ne fonctionnent pas de la même manière.
- Les heures complémentaires sont des heures travaillées au-delà de la durée prévue au contrat, dans la limite d’un plafond fixé par accord collectif ou, à défaut, d’un dixième de la durée contractuelle. Elles sont majorées d’au moins 10 %, et de 25 % au-delà du dixième (dans la limite du tiers).
- Le complément d’heures est un dispositif distinct, prévu par convention collective ou accord de branche. Il permet d’augmenter temporairement la durée contractuelle par avenant, sans que ces heures soient considérées comme des heures complémentaires. La majoration peut être différente selon l’accord applicable.
- Dans les deux cas, la durée totale ne doit pas atteindre la durée légale de 35 heures par semaine. Dépasser ce seuil transformerait le contrat en temps plein, avec des conséquences juridiques pour l’employeur.
Vérifiez votre convention collective : certaines branches prévoient des taux de majoration plus favorables que le cadre légal de base.

Minima conventionnels et SMIC : vérifiez que votre salaire horaire est le bon
Beaucoup de salariés à temps partiel se concentrent uniquement sur le SMIC horaire. C’est une erreur fréquente. Votre convention collective peut fixer un taux horaire supérieur au SMIC pour votre classification.
Par exemple, si votre grille conventionnelle prévoit un minimum de 12,80 euros brut de l’heure pour votre échelon, c’est ce taux qui s’applique, pas le SMIC. À 30 heures par semaine, la différence entre 12,31 et 12,80 euros brut de l’heure représente plusieurs dizaines d’euros nets supplémentaires chaque mois.
Consultez votre bulletin de paie : la convention collective applicable y figure. Vérifiez ensuite la grille salariale correspondante à votre poste et à votre ancienneté. Si votre rémunération est inférieure au minimum conventionnel, votre employeur est en infraction.
Impact sur la prime d’activité et les aides sociales
Passer de 25h à 30h ne signifie pas simplement « plus de salaire ». Vos aides peuvent évoluer dans le même temps.
La prime d’activité, versée par la CAF, est calculée en fonction de vos revenus professionnels. Une hausse de salaire peut modifier le montant de votre prime d’activité, à la hausse comme à la baisse selon votre situation familiale et vos ressources globales.
Avant de formaliser le passage à 30h, simulez l’impact sur vos prestations sociales via le simulateur de la CAF ou celui de service-public.fr. Dans certains cas, le gain net réel est supérieur au seul écart de salaire, parce que la prime d’activité augmente avec les revenus jusqu’à un certain palier. Dans d’autres situations, la perte partielle d’une aide peut réduire le bénéfice attendu.
Le calcul global – salaire net plus aides – reste presque toujours favorable quand on passe de 25h à 30h au SMIC. L’écart de revenu disponible justifie la démarche pour la grande majorité des salariés concernés. Pensez simplement à anticiper la transition en vérifiant vos droits avant de signer l’avenant.

